La période de 1680 à 1751

Les supérieurs généraux

Trois supérieurs généraux dirigèrent la Congrégation au cours de la période 1680-1751.

  • Monsieur Jacques Blouet de Camilly (1680-1711)
  • Monsieur Guy de Fontaines de Neuilly (1711-1727)
  • Monsieur Pierre Cousin (1727-1751)

Ces trois prêtres continuèrent, chacun à sa façon, l'œuvre du fondateur.

Monsieur Jacques Blouet de Camilly

Monsieur Blouet de Camilly, descendant d'une noble et riche famille, dépensa tout son patrimoine à développer les oeuvres de la Congrégation. Sous son supériorat les Séminaires de Dol, d'Avranches et de Senlis ainsi que le Petit Séminaire de Rennes nous furent confiés. Il acheta également à Paris la
maison des Tourettes qui devint célèbre au moment de la Révolution française. Quand il mourut, notre société comptait déjà 83 membres.

 

Monsieur Guy de Fontaines de Neuilly

Monsieur De Fontaines de Neuilly, vicaire général de l'Évêque de Bayeux et issu, lui aussi, d'une famille de haut rang, n'avait pratiquement jamais mené la vie commune dans la Congrégation quand il fut élu supérieur général en 1711. Après son élection, il continua d'habiter sa résidence à Bayeux et conserva son poste de vicaire général. Son grand mérite fut de maintenir l'esprit de Jean Eudes chez ses confrères en les visitant régulièrement, en leur adressant des lettres circulaires et en convoquant quatre assemblées générales. Celle de 1725 approuva les 27 articles qu'il avait rédigés comme résumé des Constitutions primitives publiées par notre fondateur vers 1658.

 

 

Monsieur Pierre Cousin

Monsieur Cousin s'installa dans la maison des Tourettes de Paris et y mena, en compagnie de ses confrères, une vie simple et austère. Quand il fut élu supérieur général, la Congrégation ne comptait que 77 membres; ce petit nombre ne parut toutefois pas l'inquiéter outre mesure, intéressé qu'il était par le recrutement de candidats de qualité. Par ses soins, l'assemblée de 1729 décida d'envoyer loger à la maison des Tourettes les futurs Eudistes aptes à poursuivre des études théologiques. Monsieur Cousin accepta aussi dans cette résidence des pensionnaires et de jeunes ecclésiastiques venus de divers diocèses. Les bonnes relations qu'il entretenait avec de nombreuses personnalités de la capitale firent connaître la Congrégation et contribuèrent à son rayonnement. Sous son supériorat, les Eudistes se virent confier la direction des Séminaires de Valognes, Sées et Blois.

 

Les missions

Sous ces trois Généraux, les exercices des missions continuèrent avec succès; elles eurent lieu dans les diocèses de Coutances, d'Avranches, de Rennes, du Mans et de Dol. Quelques documents relatant les activités de ces missions nous sont parvenus; ainsi l'on sait que certaines d'entre elles furent prêchées à des soldats. On raconte que l'un d'entre eux, en garnison à Coutances, vint se confesser au Séminaire. Il édifia tellement son confesseur que ce dernier lui demanda de lui amener ses camarades; il paraît qu'il en vint jusqu'à 200!

La formation des candidats eudistes

Il ne semble pas que l'on se soit beaucoup préoccupé de placer nos candidats dans une maison spéciale; ils se formaient en compagnie de Jean Eudes et s'habilitaient, sous sa direction, à œuvrer aux exercices des missions et des séminaires.

Vers 1652, le père Eudes les confia à un maître des novices qui avait comme mandat de les former selon l'esprit de "Vie et Royaume de Jésus" et de veiller à ce qu'ils acquièrent une solide formation intellectuelle. Ils étaient logés, selon les circonstances, dans un séminaire ou dans un autre, tantôt à Caen, à Coutances ou à Valognes.

On ne voit pas non plus beaucoup d'efforts pour intensifier le recrutement. Plusieurs incorporés étaient des prêtres déjà formés qui demandaient à la Congrégation un idéal de vie et un type d'engagement apostolique qui ne leur était pas offert dans le clergé diocésain.