De 1751 à la Révolution française.
Cinq supérieurs généraux se sont succédé au cours de cette période.
· Monsieur Jean Prosper Auvray de Saint André (1751-1770)
· Monsieur Michel Lefèvre (1769-1775)
· Monsieur Pierre Le Coq (1775-1777)
· Monsieur Pierre Dumont (1777-1796)
· Monsieur François Louis Hébert (1782-1792)
Vie et activités de la Congrégation sous ces supérieurs généraux
Monsieur Jean Prosper Auvray de Saint André
Aucun
e fondation nouvelle ne marqua la période 1751-1792.
Sous le supériorat de Monsieur Auvray de Saint André les Séminaires de Lisieux et de Caen s'annexent des petits séminaires pour assurer des études classiques aux jeunes, moins fortunés, qui songeaient au sacerdoce. Monsieur de Auvray de Saint André se préoccupa grandement de la formation intellectuelle de ses confrères; il régla avec minutie leurs programmes d'études et les examens qu'ils devaient subir. Rappelons-nous que du temps de Jean Eudes un séminaire n'était pas une maison d'études mais de formation sacerdotale pour les ordinands, qui la fréquentaient temporairement en vue de leur préparation aux divers ordres, tels le sous-diaconat, le diaconat et la prêtrise. A juste titre parlait-on des exercices des séminaires au cours desquels on enseignait les cérémonies liturgiques, le chant sacré, etc. Dans ce contexte les directeurs des séminaires étaient choisis davantage pour leur piété et leur sainteté personnelle que pour leur science théologique, cette dernière s'acquérant dans les universités.
Au cours du 18e siècle la situation change: de nombreux clercs cessent de fréquenter les université considérées dangereuses à cause de l'enseignement imprégné de jansénisme qu'on y diffusait. On voit alors naître chez les directeurs de séminaires eudistes un désir de spécialisation et, à compter de 1760, ils deviennent de véritables professeurs de théologie. La prédication des missions, pour sa part, devient elle aussi une spécialité. Sous le supériorat de Monsieur Auvray de Saint André, la Congrégation augmente son personnel de 74 à 94 membres.
Messieurs Lefèvre, Le Coq et Dumont
En 1769, Monsieur Michel Lefèvre devint le coadjuteur de Monsieur de Saint André, miné par la maladie. M. Lefèvre choisit Monsieur François Louis Hébert comme supérieur de la Maison des Tourettes de Paris et, avec lui, travailla à en faire un véritable séminaire et à développer sa vocation de maison d'accueil pour les ecclésiastiques qui séjournaient à Paris; les travaux d'agrandissement qui y furent réalisés permirent de loger une soixantaine de pensionnaires. Monsieur Lefèvre tenait à ce que les Eudistes acquièrent une bonne formation intellectuelle et spirituelle et défendait avec ténacité l'orthodoxie de la doctrine catholique. Monsieur Pierre Le Coq, homme modeste, ami de l'étude et auteur de nombreux ouvrages de théologie, lui succéda dans sa charge mais trois mois après son élection il fut frappé de paralysie et mourut en 1777.
L'assemblée tenue cette même année élut Monsieur Pierre Dumont à la tête de la Congrégation; ce dernier, très estimé de ses confrères et des prélats, tomba à son tour malade en 1780 et se nomma un coadjuteur avec droit de succession en la personne de Monsieur François Louis Hébert, qui devint supérieur général en 1782. Malgré ces lourdes épreuves, les Eudistes poursuivaient l'œuvre de leur fondateur.
Mon
sieur François Louis Hébert
Monsieur Hébert entretenait d'étroites relations avec le roi Louis XVI dont il devint le confesseur et un conseiller écouté dans les moments les plus tragiques de la Révolution. Sous son supériorat la Congrégation connut une grande expansion: des missions étaient réalisées en beaucoup de lieux; on agrandissait les grands et petits séminaires; la Congrégation compta jusqu'à 140 membres, dont une centaine de prêtres. Des témoignages d'évêques, compilés dans une enquête réalisée en 1785 par Monsieur Hébert, attestent de la bonne renommée des Eudistes et de leur influence bénéfique dans les séminaires dont ils avaient la charge.
2.- De 1751 à la Révolution française.